Mode : pourquoi l’industrie française peine à retrouver son niveau d’avant-crise
Le secteur de l’habillement traverse une période de turbulences. Entre chiffre d’affaires en repli, nouvelles tensions commerciales internationales et durcissement de la réglementation environnementale en Europe, l’industrie de la mode en France doit se réinventer. Un tour d’horizon des principaux indicateurs permet de mesurer l’ampleur des mutations en cours.
Un marché de l’habillement toujours sous son niveau de 2019
Selon les dernières données de l’Insee reprises par le panel de l’Institut français de la mode (IFM), le marché français de l’habillement, accessoires compris, a généré un chiffre d’affaires estimé à environ 35 milliards d’euros en 2026. Un montant qui reste inférieur aux 37 milliards d’euros enregistrés en 2019, soit un recul d’environ 7 % sur la période. Ce repli traduit une transformation durable des habitudes d’achat des Français, entre arbitrages budgétaires plus serrés et concurrence accrue des plateformes de vente en ligne étrangères.
Le rapport « State of Fashion » pointe de nouveaux défis mondiaux
Chaque année, le cabinet McKinsey & Company et le média spécialisé Business of Fashion (BoF) publient un rapport de référence sur l’état du secteur à l’échelle mondiale. L’édition 2026 de « The State of Fashion » identifie plusieurs facteurs de fragilisation : la multiplication des droits de douane et des différends commerciaux entre grandes zones économiques, ainsi que la transformation accélérée de la chaîne de valeur par l’intelligence artificielle, de la conception des collections à la logistique. Pour les enseignes françaises, ces éléments s’ajoutent à une pression déjà forte sur les marges.
L’Europe resserre la réglementation sur les textiles
Le contexte réglementaire évolue lui aussi rapidement à l’échelle européenne. En Suède, les autorités ont annoncé un projet d’interdiction des PFAS — ces composés chimiques persistants surnommés « polluants éternels » — dans les vêtements, une mesure qui s’inscrit dans un mouvement plus large de verdissement de la filière textile en Europe. Plusieurs pays membres examinent des dispositifs comparables, ce qui devrait pousser les fabricants à revoir leurs procédés dans les prochaines années, sous peine de voir certains produits interdits de vente sur le marché européen.
Des marges de manœuvre pour les acteurs français
Face à ces vents contraires, plusieurs leviers se dessinent pour les entreprises du secteur :
- Le développement de la seconde main, un marché qui poursuit sa progression en France et attire de plus en plus les grandes enseignes traditionnelles, y compris au rayon Conso – Shopping ;
- La mise en avant de la fabrication locale et de la traçabilité, un enjeu suivi de près par les acteurs présentés dans notre rubrique Business – Entreprise ;
- L’investissement dans des matières et procédés conformes aux futures normes environnementales européennes, un sujet abordé régulièrement dans notre rubrique Ecologie – Climat, pour anticiper plutôt que subir la réglementation.
Pour les consommateurs, ces évolutions se traduisent déjà par des changements concrets : plus de transparence attendue sur l’origine des produits, une offre de seconde main plus étoffée en magasin comme en ligne, et potentiellement des écarts de prix croissants entre les enseignes qui investissent dans la durabilité et celles qui misent sur le volume à bas coût. Les prochains mois, marqués par plusieurs échéances réglementaires en France et en Europe, seront déterminants pour savoir quelles enseignes parviennent à transformer ces contraintes en avantage concurrentiel.
Questions fréquentes
Pourquoi le chiffre d’affaires de l’habillement recule-t-il en France ?
Plusieurs facteurs se combinent : un pouvoir d’achat contraint qui pousse les ménages à arbitrer leurs dépenses, une concurrence accrue des plateformes étrangères à bas prix, et une évolution des usages vers l’achat d’occasion ou la location plutôt que l’achat neuf systématique.
Qu’est-ce que le rapport « State of Fashion » ?
Il s’agit d’une étude annuelle publiée conjointement par le cabinet de conseil McKinsey & Company et le média spécialisé Business of Fashion, qui analyse les tendances économiques, technologiques et sociales structurant l’industrie mondiale de la mode pour l’année à venir.
Que prévoit la Suède concernant les PFAS dans les vêtements ?
Les autorités suédoises ont fait connaître leur intention d’interdire la présence de PFAS, des substances chimiques persistantes utilisées notamment pour l’imperméabilisation de certains textiles, dans les articles vestimentaires commercialisés sur leur territoire.
Sources
Journal du Luxe — FashionUnited — Good On You
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



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