Ghana : la mode seconde main se réinvente face aux déchets textiles
À Accra, capitale du Ghana, le marché de Kantamanto est devenu malgré lui l’un des symboles les plus visibles des excès de la mode mondiale. Chaque semaine, ce sont environ 15 millions de vêtements venus d’Europe, des États-Unis et d’Asie qui y arrivent en ballots compressés, selon les données rapportées début août par la chaîne allemande Deutsche Welle. Une partie de ces habits retrouve une seconde vie sur les étals. Mais une autre, considérable, finit directement à la poubelle. Face à ce déluge textile, une génération de créateurs et d’artisans ghanéens s’organise pour transformer la contrainte en matière première créative.
Un marché tentaculaire submergé par la fast fashion
Créé dans les années 1970, Kantamanto s’est imposé au fil des décennies comme l’un des plus grands marchés de vêtements d’occasion au monde. Des dizaines de milliers de commerçants, trieurs, laveurs et couturiers y gagnent leur vie en donnant une nouvelle chance à des habits usagés venus du monde entier. Le système repose sur un pari simple : les invendus et dons de fast fashion des pays riches y sont revendus à prix modique, offrant un accès à l’habillement pour une large partie de la population locale. Mais l’équilibre s’est fragilisé ces dernières années, à mesure que la mode mondiale accélère son rythme de production.
Le revers de la fast fashion : des tonnes de déchets
Le problème tient à la qualité des ballots reçus. Selon les estimations relayées par la presse spécialisée, entre 30 % et près de la moitié des vêtements importés à Kantamanto s’avèrent invendables : trop abîmés, trop bon marché ou mal confectionnés pour retrouver un acheteur. Ces textiles finissent dans des décharges à ciel ouvert, sont brûlés ou s’échouent sur les plages voisines. Les commerçants pointent la multiplication des articles issus de la fast fashion, dont la durabilité s’est dégradée, rendant le tri plus difficile et coûteux. Cette réalité interroge nos habitudes de consommation occidentales, y compris en France, où le geste du don est souvent perçu comme une solution sans conséquence.
Des créateurs qui transforment la contrainte en création
Face à cette situation, plusieurs figures locales ont choisi de répondre par la création plutôt que par le seul constat. L’artiste Michael Gah récupère des chutes et déchets textiles trouvés sur place pour composer des œuvres qui interpellent sur l’ampleur du phénomène. Le styliste Yayra Agbofah, fondateur du studio de mode circulaire The Revival, forme des jeunes du quartier au tri, à la réparation et à la transformation de vêtements jugés invendables en pièces neuves, sacs ou accessoires. Ce type d’initiative a permis de détourner plusieurs millions de vêtements de la décharge en l’espace de deux ans, tout en créant des emplois qualifiés dans la couture et le design. D’autres collectifs de jeunes créatrices s’inspirent de la même logique pour lancer de petites marques d’upcycling, vendues localement ou exportées vers l’Europe et l’Amérique du Nord.
Une mode circulaire en construction
Ces initiatives restent modestes à l’échelle des volumes qui arrivent chaque semaine, mais elles esquissent un modèle où le déchet textile devient une ressource plutôt qu’un fardeau. Des organisations locales, parfois associées à des acteurs internationaux de l’habillement, commencent à financer des programmes de formation et de collecte plus structurés. En Europe, où la question de la fin de vie des vêtements gagne du terrain, cette expérience ghanéenne est de plus en plus citée en exemple par les défenseurs d’une mode plus circulaire, entre réparation, réemploi et transformation créative.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le marché de Kantamanto ?
Situé à Accra, au Ghana, Kantamanto est l’un des plus grands marchés de vêtements d’occasion au monde. Des dizaines de milliers de commerçants y achètent, trient et revendent chaque semaine des ballots de vêtements importés, notamment d’Europe, des États-Unis et d’Asie.
Pourquoi autant de vêtements finissent-ils en déchets à Kantamanto ?
Une part importante des ballots importés contient des articles de mauvaise qualité, invendables en l’état, notamment en raison de la multiplication de vêtements issus de la fast fashion. Ces pièces finissent souvent en décharge, brûlées ou rejetées sur le littoral, faute de filière de traitement suffisante.
Comment les créateurs locaux réagissent-ils à ce phénomène ?
Des artistes et stylistes comme Michael Gah ou Yayra Agbofah transforment ces déchets textiles en œuvres, vêtements ou accessoires neufs. Leurs initiatives forment aussi de jeunes couturiers aux techniques de réparation et d’upcycling, créant des emplois locaux autour d’une mode plus circulaire.
Sources
- AllAfrica / Deutsche Welle – Ghana : les créateurs recyclent les déchets textiles
- TIME – The Race to Upcycle Africa’s Fast Fashion Dumping Ground
- Greenpeace Belgique – Pourquoi l’Afrique n’a plus besoin de vos vêtements
Pour aller plus loin sur les tendances du secteur, retrouvez nos articles dans la rubrique Fashion, nos analyses sur la rubrique Écologie – Climat, ainsi que nos conseils dans la rubrique Conso – Shopping.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



Laisser un commentaire