Apprentissage en baisse : le gouvernement appelle les entreprises à embaucher
L’apprentissage traverse une zone de turbulences en France. Alors que le nombre de contrats signés recule depuis le début de l’année, le gouvernement multiplie les appels aux entreprises pour qu’elles continuent d’embaucher des jeunes en alternance. Un paradoxe qui s’explique par des arbitrages budgétaires serrés et une inquiétude croissante autour de l’insertion professionnelle des 15-29 ans.
Un budget de la formation professionnelle resserré
Le budget 2026 consacré à l’apprentissage et à la formation professionnelle a été amputé d’environ 101 millions d’euros. Les aides à l’embauche d’apprentis sont désormais recentrées sur les entreprises de moins de 250 salariés et sur les diplômes allant du CAP au baccalauréat, à l’exclusion des niveaux BTS, licence et master. Une bascule qui touche directement les grandes écoles et les filières supérieures, jusqu’ici largement bénéficiaires du dispositif.
Conséquence directe : le nombre de nouvelles signatures de contrats d’apprentissage poursuit son repli au premier trimestre 2026, confirmant une tendance amorcée en 2025. Du côté du gouvernement, on préfère parler de « maturité » du dispositif plutôt que de recul, un discours porté notamment par la ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels.
Le gouvernement mise sur les PME et TPE
Face à ce ralentissement, l’exécutif a lancé un appel direct aux petites et moyennes entreprises, jugées mieux placées pour absorber la baisse des grands comptes et maintenir le vivier d’apprentis. Ces structures, qui représentent l’essentiel du tissu économique français, ne disposent pourtant pas toujours des ressources humaines nécessaires pour encadrer un jeune en formation. Un nouveau cadre de discussion entre l’État, le Parlement et les partenaires sociaux doit permettre de stabiliser la trajectoire de financement d’ici 2027, afin de restaurer la confiance des employeurs.
Pour en savoir plus sur les évolutions de ce dispositif, notre article sur l’alternance en France et le recul des entrées malgré le cap du million de contrats détaille les chiffres publiés cette année.
Une part de jeunes hors du système qui progresse
Cette tension budgétaire intervient alors que la part des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (les « NEET ») atteint 13,3 % des 15-29 ans en France au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,3 point sur un an. Le pays reste ainsi nettement au-dessus de la moyenne européenne, établie à 11 %, alors qu’il était parvenu à ramener son propre taux à 11,8 % en 2022. L’Union européenne vise un objectif de 9 % de NEET d’ici 2030 : la France en est aujourd’hui éloignée de plus de quatre points.
Cette dynamique interroge sur la cohérence entre restriction budgétaire et objectif d’insertion des jeunes. Certains observateurs du secteur de la formation professionnelle estiment que la baisse des aides pourrait accentuer, plutôt que résorber, le décrochage observé chez les jeunes les moins qualifiés, précisément ceux que le recentrage des aides est censé protéger en priorité.
Sur un autre registre, l’engagement des jeunes ne se limite pas au monde du travail : notre article sur le bénévolat des jeunes et cette génération qui réinvente l’engagement montre que l’implication de cette tranche d’âge prend aussi d’autres formes, hors des statistiques de l’emploi classique.
Ce qu’il faut retenir pour les entreprises et les familles
- Les aides à l’apprentissage sont désormais réservées aux entreprises de moins de 250 salariés, sur les niveaux CAP à baccalauréat.
- Le nombre de contrats signés continue de reculer au premier trimestre 2026, une tendance amorcée en 2025.
- 13,3 % des 15-29 ans sont aujourd’hui NEET en France, contre 11,8 % en 2022.
- Une nouvelle trajectoire de financement est attendue pour 2027, en concertation avec les partenaires sociaux.
D’autres réformes touchant les parcours professionnels sont également en discussion, à l’image de celle sur le départ en retraite anticipée pour carrière longue, qui redessine elle aussi les équilibres du monde du travail cette année.
Questions fréquentes
Pourquoi le budget de l’apprentissage a-t-il été réduit en 2026 ?
Le gouvernement a resserré les aides à l’embauche d’apprentis dans un contexte de maîtrise budgétaire générale, en recentrant le dispositif sur les entreprises de moins de 250 salariés et sur les niveaux de diplôme allant du CAP au baccalauréat.
Qu’est-ce qu’un jeune « NEET » ?
Il s’agit d’un jeune de 15 à 29 ans qui n’est ni en emploi, ni scolarisé, ni en formation. Cet indicateur, suivi par l’Insee et Eurostat, sert à mesurer l’ampleur du décrochage des jeunes vis-à-vis du marché du travail et du système éducatif.
Les grandes entreprises peuvent-elles encore embaucher des apprentis en 2026 ?
Oui, mais sans bénéficier des mêmes aides financières que les PME et TPE : le soutien de l’État est désormais concentré sur les structures de moins de 250 salariés, ce qui incite les grands groupes à financer eux-mêmes une part plus importante du coût de l’alternance.
Sources
Centre Inffo,
Mon Pôle Formation,
Observatoire des Territoires.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



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