Haute mer : un jalon historique pour la protection des océans
Un cap symbolique vient d’être franchi dans la gouvernance des mers du globe. Entré en vigueur en janvier 2026, le traité de la haute mer — texte international négocié pendant près de deux décennies sous l’égide des Nations unies — a permis pour la première fois d’inscrire une part significative des eaux internationales dans une logique de protection des océans coordonnée. Selon les données publiées par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMC), environ 10 % de la surface des océans bénéficient désormais d’un statut de protection officiel, contre à peine 8 % il y a encore quatre ans.
Un texte négocié pendant près de vingt ans
Le traité, connu sous l’acronyme BBNJ (biodiversité au-delà des juridictions nationales), comble un vide juridique ancien : jusqu’ici, la haute mer — c’est-à-dire les eaux situées au-delà des zones économiques exclusives des États, soit près des deux tiers de la surface marine de la planète — échappait à tout mécanisme contraignant de création d’aires protégées. Le seuil des 60 ratifications nécessaires à son entrée en application a été atteint en septembre 2025, permettant l’entrée en vigueur du texte quatre mois plus tard, en janvier 2026.
Un jalon avant tout symbolique, mais structurant
Avant l’adoption du traité, moins de 1 % de la haute mer bénéficiait d’une quelconque protection, faute d’outil juridique adapté. Le nouveau cadre change la donne sur plusieurs plans :
- Il crée une procédure internationale permettant de proposer et d’adopter des aires marines protégées en dehors des juridictions nationales.
- Il instaure des règles communes d’évaluation d’impact environnemental pour les activités menées en haute mer.
- Il fixe un cap politique clair : atteindre 30 % d’océans protégés d’ici 2030, conformément à l’objectif dit « 30×30 » adopté dans le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
Entre l’objectif affiché de 30 % et le niveau de protection actuel, l’écart reste considérable. Mais pour les organisations spécialisées qui suivent le dossier depuis des années, l’essentiel se joue moins dans le chiffre immédiat que dans l’existence, désormais actée, d’un cadre de gouvernance commun là où régnait auparavant un vide quasi total.
Des répercussions économiques et scientifiques
La mise en application du traité intéresse au-delà des seuls cercles environnementaux. Les activités de pêche hauturière, le transport maritime et les projets d’exploitation minière des grands fonds devront désormais composer avec un cadre réglementaire renforcé, un enjeu suivi de près par les acteurs économiques du secteur (voir notre rubrique Finance-Économie). Sur le plan scientifique, l’accès facilité aux ressources génétiques marines et le partage des données de recherche figurent également parmi les apports concrets du texte, un sujet que notre rubrique Science et Technologie continuera de suivre.
Prochaine étape : la première Conférence des Parties
Après une troisième commission préparatoire tenue à New York en mars 2026, consacrée aux aspects techniques de mise en œuvre — comité scientifique, mécanisme de partage d’informations, financement —, la première Conférence des Parties (COP) du traité doit se réunir dans le courant de l’année. Les premières propositions officielles de nouvelles aires marines protégées en haute mer y seront examinées, un moment attendu par les ONG comme par les délégations gouvernementales. Les prochains mois diront si cette dynamique institutionnelle se traduit par des créations concrètes d’aires protégées, seul indicateur qui permettra de mesurer l’ambition réelle du texte au-delà de son entrée en vigueur. Pour prolonger la réflexion sur les grands enjeux environnementaux internationaux, notre rubrique Écologie-Climat propose un suivi régulier de ces dossiers.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le traité de la haute mer ?
Il s’agit d’un accord international, aussi appelé BBNJ, qui organise pour la première fois la protection de la biodiversité dans les eaux situées au-delà des zones économiques exclusives des États, soit environ les deux tiers des océans de la planète.
Depuis quand le traité est-il en vigueur ?
Le texte est entré en application en janvier 2026, après avoir atteint en septembre 2025 le seuil des 60 ratifications nationales requises pour son entrée en vigueur.
Quel est l’objectif chiffré à atteindre ?
Les États signataires visent la protection de 30 % des océans d’ici 2030, contre environ 10 % aujourd’hui, dans le cadre de l’objectif international dit « 30×30 » pour la biodiversité.
Sources
- UNEP-WCMC — World reaches milestone for nature
- Earth.org — High Seas Treaty to take effect in 2026
- Marine Conservation Institute — The High Seas Treaty is ratified
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



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