Traverser la Manche à 67 ans : le défi sportif d’une enseignante contre Parkinson

Nageuse senior se préparant à traverser la Manche à l'aube

Elle a 67 ans et s’apprête à relever l’un des défis les plus exigeants de la natation en eau libre : traverser la Manche à la nage, sans combinaison ni palmes. Salima Bouayad Agha, maîtresse de conférences en économie à l’Université du Mans, vise un objectif qui dépasse largement la performance sportive : sensibiliser à la maladie de Parkinson et montrer qu’il est possible de bien vieillir en restant actif.

Un défi programmé entre Douvres et Calais

La tentative de Salima Bouayad Agha s’inscrit dans une fenêtre de départ fixée entre le 4 et le 8 septembre 2026, au départ de Douvres, avec une arrivée espérée près de Calais. Dans une eau à environ 16°C, sans combinaison isothermique, l’épreuve est aussi bien physique que mentale : une traversée de la Manche à la nage dure généralement entre 10 et 15 heures selon les courants et la météo. En raison de conditions défavorables, le départ a déjà dû être reporté à plusieurs reprises — une contrainte que la sportive présente elle-même comme faisant « partie du défi ».

Ce type de traversée nécessite habituellement des mois d’acclimatation à l’eau froide et un encadrement médical strict, une préparation que les nageurs en eau libre expérimentés considèrent comme aussi déterminante que la condition physique. Si elle mène sa traversée à son terme, Salima Bouayad Agha pourrait devenir la Française la plus âgée à avoir réussi cette épreuve à la nage.

D’ancienne championne à ambassadrice du « bien vieillir »

Le parcours de Salima Bouayad Agha n’a rien d’improvisé. Ancienne membre de l’équipe nationale algérienne de natation, elle a participé à des compétitions internationales avant de mettre un terme à sa carrière sportive en 1978. Près de cinquante ans plus tard, elle renoue avec l’exigence de la compétition, mais dans un but différent : prouver, par l’exemple, que l’activité physique reste un allié de la santé bien après l’âge de la retraite.

Cette dimension fait écho à d’autres parcours mis en lumière récemment, comme celui d’une nonagénaire ayant battu un record du monde de voltige aérienne, preuve que l’âge n’est plus systématiquement perçu comme un frein à la performance sportive.

Pourquoi la Manche, pourquoi Parkinson

Le choix de la cause n’est pas anodin. Salima Bouayad Agha a perdu sa mère, atteinte de la maladie de Parkinson, il y a trente ans, après l’avoir accompagnée en tant qu’aidante familiale jusqu’au bout. Sa traversée vise à collecter des fonds pour l’association France Parkinson et à porter un message souvent moins entendu que celui de la maladie elle-même : celui de l’épuisement des aidants.

  • Une maladie neurodégénérative qui touche plusieurs centaines de milliers de personnes en France ;
  • Des milliers d’aidants familiaux souvent en première ligne, au quotidien ;
  • Une collecte de dons associée directement au défi sportif.

Cet engagement rejoint une dynamique plus large de renouvellement de l’engagement solidaire, observée ces dernières années sous des formes très diverses selon les générations.

Le sport comme outil de sensibilisation

Au-delà du cas de Salima Bouayad Agha, cette traversée s’inscrit dans une tendance plus large où des pratiques sportives de proximité sont mobilisées pour des causes de santé publique. Les associations y voient un moyen efficace de toucher un public qui ne se sentirait pas forcément concerné par une campagne d’information classique.

Reste que l’issue de la traversée dépendra largement de la météo et des courants du jour J, deux paramètres que même l’entraînement le plus rigoureux ne permet jamais totalement de maîtriser.

Questions fréquentes

Qui est Salima Bouayad Agha ?

C’est une maîtresse de conférences en économie à l’Université du Mans, âgée de 67 ans, et ancienne nageuse de l’équipe nationale algérienne dans les années 1970.

Pourquoi tente-t-elle de traverser la Manche ?

Pour collecter des fonds au profit de l’association France Parkinson et sensibiliser au rôle des aidants familiaux, en hommage à sa mère décédée de cette maladie.

Quel record pourrait-elle battre ?

Si sa traversée aboutit, elle pourrait devenir la Française la plus âgée à avoir traversé la Manche à la nage sans combinaison ni palmes.

Sources

France 3 Pays de la LoireICI Pays de la Loire (Radio France)Presse Agence

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