EHPAD : ces maisons de retraite qui s’ouvrent au quartier grâce aux tiers-lieux

Résidents d'un Ehpad et habitants du quartier partageant un moment convivial dans un jardin partagé

Et si la maison de retraite du quartier devenait un lieu où l’on pousse la porte sans y avoir un proche hébergé ? C’est le pari des tiers-lieux en EHPAD, un mouvement de fond qui gagne du terrain en France cet été : cafés associatifs, jardins partagés, ventes ponctuelles tenues par les résidents… Ces établissements s’ouvrent sur leur voisinage, avec un objectif assumé : rendre aux personnes âgées un rôle social et rompre leur isolement.

L’exemple le plus récent vient du Morbihan. À l’Ehpad d’Arradon, près de Vannes, des résidentes se sont improvisées marchandes de glace le temps d’un après-midi caniculaire. Paule, 98 ans, qui n’avait « jamais fait ça de sa vie », a servi les cornets aux côtés d’Yvonne, 96 ans. Une animation légère en apparence, mais qui répond à un objectif précis fixé par la direction de l’établissement : créer du lien intergénérationnel et redonner aux résidents un sentiment d’utilité, en s’appuyant sur un appel à projets national consacré aux « tiers-lieux ».

Un mouvement structuré, pas une simple animation d’été

Derrière cette initiative locale se cache en réalité un programme national. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pilote depuis plusieurs années l’appel à projets « Un tiers-lieu dans mon Ehpad », qui encourage les établissements à s’ouvrir sur leur quartier via des lieux co-construits avec les habitants et les acteurs de la vie sociale locale : cafés, jardins partagés, ateliers, espaces intergénérationnels. Un premier bilan national a recensé 25 Ehpad lauréats pour ce dispositif.

En parallèle, la Fondation des Hôpitaux vient de lancer son appel à projets 2026, ouvert jusqu’au 24 septembre, pour financer des tiers-lieux et des activités en Ehpad et en services de gériatrie : minibus mutualisés, jardins partagés, espaces de convivialité ou encore activités culturelles et sportives ouvertes vers l’extérieur. L’an dernier, cet appel à projets avait déjà permis de financer 86 nouveaux tiers-lieux pour un montant total de 2 010 519 euros.

Pourquoi ce changement compte

Ce n’est pas qu’une affaire de communication. Ouvrir un Ehpad sur son quartier change concrètement le quotidien des résidents comme celui des familles :

  • Les résidents retrouvent une utilité sociale reconnue, au-delà du statut de personne accompagnée.
  • Les échanges intergénérationnels réduisent l’isolement, un facteur de risque bien documenté chez les personnes âgées.
  • Les familles et les voisins peuvent pousser la porte de l’établissement en dehors des visites classiques, ce qui change le regard porté sur le grand âge.
  • Les établissements candidats à ces appels à projets bénéficient d’un cofinancement pour aménager durablement ces espaces, plutôt que de miser sur une animation ponctuelle.

Le sujet dépasse donc largement le seul Morbihan : partout en France, des directions d’Ehpad candidatent à ces dispositifs pour transformer une aile inoccupée en café associatif ou un bout de jardin en potager partagé avec le voisinage. Un mouvement à suivre dans les actualités santé et médecine comme dans les initiatives de services de proximité.

Idées reçues sur les Ehpad « ouverts »

Contrairement à une idée répandue, ouvrir un établissement au public ne signifie pas renoncer à l’encadrement médical des résidents : les tiers-lieux sont pensés comme des espaces annexes, distincts des unités de soin. Autre malentendu fréquent : ces projets ne concernent pas uniquement les grandes métropoles. Nombre des lauréats recensés se trouvent dans des zones rurales ou périurbaines, là où l’isolement des aînés est souvent le plus marqué. Ce type d’initiative rejoint d’ailleurs d’autres formes d’engagement local qu’on retrouve régulièrement dans les rubriques loisirs et plaisirs du site.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un « tiers-lieu » en Ehpad ?

C’est un espace aménagé au sein ou aux abords d’un établissement, ouvert aux habitants du quartier : café associatif, jardin partagé, salle d’activités communes. Il vise à faire de l’Ehpad un lieu de vie connecté à son environnement, et non un établissement refermé sur lui-même.

Qui finance ces projets ?

Plusieurs dispositifs coexistent, notamment l’appel à projets national de la CNSA et celui de la Fondation des Hôpitaux, qui cofinance chaque année plusieurs dizaines de tiers-lieux pour un montant total de plusieurs millions d’euros.

Un Ehpad peut-il candidater facilement ?

Les établissements publics ou privés à but non lucratif peuvent déposer un dossier lors des campagnes annuelles, comme celle de la Fondation des Hôpitaux ouverte jusqu’au 24 septembre 2026. Les projets sont ensuite sélectionnés selon leur impact social et leur ancrage local.

Sources

Signature éditoriale de la rédaction de agnet.org — nom de plume assumé de l'équipe du site, et non une personne réelle. Les articles publiés sous cette signature sont rédigés avec l'assistance d'une intelligence artificielle, sous la responsabilité éditoriale du site.

Vous avez manqué :