Voitures propres : l’Insee confirme l’effet des zones à faibles émissions
Sept ans après leur création, les zones à faibles émissions (ZFE) ont-elles vraiment changé les habitudes d’achat automobile des Français ? Une étude de l’Insee, publiée jeudi, apporte pour la première fois une réponse chiffrée et méthodique à cette question qui alimente le débat politique depuis des mois.
L’institut a comparé, pour neuf grandes agglomérations pionnières, la composition du parc automobile trois ans avant l’instauration d’une ZFE et deux ans après. Verdict : dans ces territoires, la part des véhicules peu polluants (électriques, hydrogène et Crit’Air 1) est passée de 8,7 % à 42,0 % entre 2015 et 2025, contre seulement 6,4 % à 31,7 % hors ZFE. Sur cinq ans, l’augmentation atteint +88,4 % dans les villes équipées d’une zone, contre +82,6 % ailleurs.
Un effet mesurable sur la pollution de l’air
Corentin Trevien, auteur principal de l’étude, résume le mécanisme : « dans les ZFE, les gens ont tendance à acheter plus de véhicules peu polluants et moins de véhicules polluants, ce qui contribue au recul des émissions polluantes associées aux voitures ». Concrètement, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont reculé de 48,3 % en 2024 dans les ZFE régionales, contre 39,5 % hors de ces zones. Le Grand Paris, où la contrainte est la plus ancienne, affiche la progression la plus nette : la part des véhicules propres y atteint désormais 48,6 %, contre 9,8 % en 2015.
Ce constat intervient alors que 25 ZFE sont aujourd’hui actives sur le territoire, un dispositif initié en 2019 et étendu en 2021 aux principales métropoles. Il s’inscrit aussi dans un climat politique tendu : plusieurs parlementaires réclament la suppression pure et simple des ZFE, jugées pénalisantes pour les ménages modestes qui ne peuvent pas renouveler leur véhicule.
Un renouvellement du parc plus rapide, mais pas homogène
L’étude Insee ne dit pas que les ZFE sont sans effet de bord. Le renouvellement accéléré profite davantage aux ménages ayant les moyens d’investir dans une voiture électrique, tandis que d’autres retardent leurs déplacements ou contournent la zone. Les chercheurs notent malgré tout que l’effet d’entraînement dépasse le simple renouvellement naturel du parc, ce qui suggère un impact propre du dispositif et non une simple tendance de fond du marché automobile.
- 8,7 % à 42,0 % : évolution de la part des véhicules propres dans les ZFE régionales entre 2015 et 2025
- 48,6 % : part des véhicules propres dans le Grand Paris en 2025
- -48,3 % : recul des émissions de NOx en 2024 dans les ZFE régionales
- 25 : nombre de ZFE actives en France en 2026
Cette dynamique s’ajoute à d’autres leviers déjà mobilisés par les villes pour limiter l’impact de la pollution et de la chaleur, à l’image des îlots de chaleur urbains que plusieurs métropoles européennes cherchent à réduire par la végétalisation. Du côté des entreprises, la question du réchauffement climatique pousse également à revoir les flottes professionnelles, sous l’effet conjugué des ZFE et des obligations de verdissement.
Un débat qui reste ouvert
Reste que les ZFE ne suffisent pas à résoudre à elles seules la pollution de l’air en ville : trafic routier, chauffage résidentiel et activités industrielles continuent de peser sur la qualité de l’air, en particulier lors des pics de chaleur. L’Insee souligne toutefois que la méthode de comparaison retenue, avant/après instauration sur une même agglomération, permet d’isoler un effet propre au dispositif, distinct des politiques nationales de prime à la conversion ou de bonus écologique.
À l’heure où plusieurs collectivités réexaminent le calendrier et les contours de leurs zones, cette étude fournit un argument statistique de poids aux défenseurs du dispositif, sans pour autant clore la question sociale de son acceptabilité.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une zone à faibles émissions ?
Une ZFE est un périmètre urbain où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte ou interdite selon leur vignette Crit’Air, dans le but de réduire la pollution atmosphérique liée au trafic routier.
Combien de ZFE existent en France en 2026 ?
Le pays compte 25 zones à faibles émissions actives, un dispositif initié en 2019 et étendu à la plupart des grandes métropoles à partir de 2021.
Les ZFE ont-elles réellement réduit la pollution automobile ?
Selon l’étude Insee du 27 août 2026, oui : la part des véhicules propres a progressé plus vite dans les ZFE qu’ailleurs, et les émissions de NOx y ont reculé de 48,3 % en 2024, contre 39,5 % hors zone.
Sources
- Insee – Dernières publications, bilan des ZFE (27 août 2026)
- Boursorama – Automobile : le bilan des ZFE au crible de l’Insee
- Franceinfo – Pollution de l’air : quel est le bilan des ZFE que des députés veulent supprimer
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



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